N°145
  2 février 2010

 



 

Résistance !

La fin du siècle dernier fut la grande prise de conscience en Europe de l'exclusion et même la médecine, branche bien peu ouverte au social, fut touchée…
C'est ainsi que Médecins Sans Frontières, née dans le sillage des "french doctors", donna naissance à Médecins du Monde avec son action chez nous ou qu'Homéopathes Sans Frontières (bien utopiste avec son rêve de "santé pour tous en l'an 2000") intégra les consultations de Promosoins Toulon. Nous fêtons cette année les 10 ans de Siloé ou de Promosoins Fréjus, les autres antennes de Promosoins étant un peu plus anciennes.
Nous étions destinés à ne pas fidéliser notre public, favoriser son accès au droit commun et ne pas devenir des dispensaires pour pauvres. Nous étions destinés à disparaitre, comme l'étaient les Restos du Cœur également…
L'évolution de notre monde libéral en crise globale nous amène à recevoir de plus en plus d'exclus (avec même souvent un emploi) et paradoxalement à recevoir de moins en moins de moyens pour y faire face. Pour pouvoir continuer, évoquons le Réseau et la Résistance, qui rappellent la dernière guerre et nous redisent bien que les rudes combats qui nous attendent ne seront gagnés que par notre cohésion et notre fermeté.
 

Patrick Peycru, président de l'association
Promosoins Fréjus Saint-Raphaël
04 94 51 69 90

"Entre souffrance psychique et maladie mentale, quelle place pour l'accompagnement ?"

C’est cette question qui a été débattue lors de la journée d’étude proposée par Siloë, avec l’appui de Syform et de l’UDV. La journée a rassemblé plus de 130 personnes le 28 janvier 2010 à l’Hôpital Font-Pré.
La veille, l’association Kaïré nous avait préparé à cette thématique à travers un théâtre forum dynamique et participatif. 
 

En 1999, pour répondre aux problèmes de prise en charge des personnes sans domicile fixe, le Centre Hospitalier Intercommunal de Toulon La Seyne et l’association Promo Soins ont créé l’interface psychiatrique Siloë, structure originale et innovante, composée d’une équipe mobile et pluridisciplinaire médico-sociale, issue du public (Hôpital) et du privé (Association), nous a rappelé José Garcia, directeur de Promo Soins.
Dix ans après, pour son 3ème colloque, Siloë a mis accent sur le bilan positif de ce partenariat mais aussi sur les difficultés rencontrées, les questionnements, l’état d’avancement de la connaissance en matière de psychopathologie liée au vivre dans la rue, et les pistes pour étayer la réflexion, les membres de l’équipe de Siloë ainsi que plusieurs intervenants extérieurs ont livré leur approche de l’accompagnement et les concepts qui en découlent.
Pour étayer la réflexion, les membres de l’équipe de Siloë ainsi que plusieurs intervenants extérieurs ont livré leur approche de l’accompagnement et les concepts qui en découlent.

Quelques constats :
"Aujourd’hui, 30 % de personnes à la rue souffrent de troubles psychiques," précise le Dr Jean-Paul Courcelles, chef du service psychiatrie à l’hôpital Font-Pré et responsable de Siloë.
Il s’avère que de plus en plus de lieux (ex. unités d’hébergement d’urgence, CHRS, …) sont devenus des lieux de psychiatrie sans psychiatre. C’est pourquoi les travailleurs sociaux, psychologues, médecins, bénévoles présents dans la salle sont venus puiser des éléments de connaissance, de compréhension et de positionnement.

La rue rend elle schizophrène ?
"Pas forcément, mais elle abrase". Le Dr Sylvie Quesemand-Zucca* a mis en valeur les conséquences de la désocialisation qu’elle regroupe dans son concept appelé "clinique de la perte" et décliné sous de multiples aspects. Perte du temps (la temporalité n’est plus la même), perte de l’espace ("asphaltisation" : personne figée sur un bout de trottoir), perte de la notion du corps, de l’altérité, du langage (réduit à un langage codé), perte de la notion d’utilité sociale, perte de la honte (le regard de l’autre ne compte plus), perte de tout espoir.
Le Dr Courcelles, nous donne quelques clés de compréhension. Les gens de la rue renoncent à l'essentiel, à prendre soin d'eux-mêmes et de leurs liens sociaux, car ils n'ont plus d'espoir d'amélioration. Pour éviter la souffrance, ils se replient sur eux-mêmes et une amputation psychique s'opère progressivement.
 
Quelques pistes de réflexion pour continuer le chemin
Thémis Apostolidis, professeur de psychologie sociale de la santé, invite alors les professionnels à se méfier de leurs représentations, souvent mauvaises conseillères.
Il est ressorti l’importance de rééquilibrer le social et le médical, de développer le partenariat externe, d’aller plus vers les personnes dans la rue, d’explorer le travail sur l’image du corps, de développer "la psychiatrie citoyenne".
C’est sur ce dernier point que le Dr Marie-Noëlle BESANCON**, psychiatre, présidente de l’association "Les Invités au Festin" nous a fait part de son initiative de créer un lieu de vie pour personnes en souffrance psychique, sous le statut de maison relais. Démarrée il y a 10 ans à Besançon, l’idée essaime en France à travers le réseau IAF.
L’association considère les personnes comme citoyennes, non comme des malades, ayant besoin comme tout un chacun d’aimer, d’être aimée, d’être reconnu par les autres, d’être utile et d’appartenir à un groupe. Ces lieux de vie sont une alternative aux hospitalisations, en développant chez des personnes, en difficultés relationnelles et sociales, leur capacité de relation et en les aidant à (re)trouver un sens à leur vie.

Un éclat de rire pour avancer 
Les présentations de chaque intervenant ont été ponctuées par des interventions de deux clowns analystes des Bataclowns. Devant une salle hilare, ces clowns remarquables ont réussi à transmettre une atmosphère de gaîté et d’humour en retraduisant à leur façon tout ce qui a été dit.

La journée s’est avérée riche en enseignements et en pistes.
Elle a souligné la nécessité de penser pour contrer les peurs et mieux agir. A suivre les actes de la journée dans les brèves d’un prochain iota.

*Quesemand-Zucca Sylvie, Je vous salis ma rue - Clinique de la désocialisation, Stock, 2007.
*Besancon Marie-Noëlle, On dit qu'ils sont fous et je vis avec eux, Ed. de l’Atelier, 2007.
*Besancon Marie-Noëlle, Jolivet Bernard, Arrêtons de marcher sur la tête- Pour une psychiatrie citoyenne, Ed. de l’Atelier, décembre 2009.

Promo-soins Toulon
Interface Siloë
04 94 91 50 10
[email protected]

 



Le centre diocésain du cœur de ville fait peau neuve ! 

Après plusieurs mois de travaux, la façade du centre diocésain du cœur de ville est enfin ravalée. L’occasion d’inaugurer officiellement ce lieu qui devient un nouveau centre spirituel pour la diaconie.


Un projet de rénovation collectif

"Nous sommes heureux de présenter la rénovation de la façade.
C’est aussi l’occasion pour nous tous de remercier tous les artisans, les collectivités locales, et tous ceux qui nous ont aidé à financer la rénovation du centre diocésain du cœur de ville
".
C’est par ces mots que Gilles Rebêche accueille la centaine d’invités, issus du monde associatif, de la diaconie, du clergé, des voisins du quartier, ou des officiels de la ville de Toulon réunis pour l’occasion.
La rénovation de cette façade exprime, une nouvelle fois, cette belle collaboration entre l’Eglise et la société civile. Non seulement, le ravalement de cette grande façade participe à la réhabilitation du centre ancien mais, il contribue aussi à l’image d’une église accueillante.
"Toulon est une ville qui a connu et qui connaît beaucoup de transformations urbanistiques. La rénovation de la façade de ce lieu en plein centre ville en est le témoin. Il est important que l’Eglise soit présente au cœur d’une ville" explique Monseigneur Rey, venu bénir les locaux.
Une présence d’Eglise au cœur de la ville qui veut être un lieu d’accueil, de solidarité, de prière et de fraternité.

  

Un nouveau centre diocésain pour la diaconie

"C’est aussi l’occasion pour le diocèse de marquer un jalon. Quand notre évêque est arrivé sur Toulon, il a voulu réorganiser les maisons diocésaines… il en manquait une dans le centre ville", explique Gilles Rebêche.
Ce centre diocésain héberge plusieurs associations et mouvements, acteurs de la diaconie : l’association Amitiés cœur de ville, la Fraternité Saint-Laurent, le centre diocésain de documentation, mais également, la Communion Saint-Lazare et la communauté Ecclésiola.
"Notre responsabilité en ce lieu est vraiment de faire vivre l’esprit de la diaconie, du service, l’accueil du petit, de toutes les détresses humaines, des personnes en deuil etc. ", continue monseigneur Rey. "D’une manière très particulière, ce lieu rassemble, coordonne toutes ces actions à destination de tous. L’Eglise accueille tout le monde avec ce qu’il est et veut proposer une parole de vie pour chacun" conclut l’évêque de Fréjus-Toulon.
Ce lieu au cœur de la ville devient ainsi le symbole fort d’une Eglise qui s’implique par son action, au cœur d’une société.      

Plus d'infos
Centre diocésain du coeur de ville
04 94 62 43 10

 
 
Donnons du sens à notre argent
Le 23 janvier dernier, Bernard Devert, président d’Habitat et Humanisme, était de passage dans le Var.
Lire le compte rendu


Var équitable vous présente ses vœux
Tous ensemble dans le Var, construisons un monde un peu plus solidaire.
Cliquez ici pour voir la carte

Rejoignez la NAFSEP
L’association française des sclérosés en plaques recherche des bénévoles dans le Var. Ce message s’adresse aux personnes directement ou indirectement concernées par la sclérose en plaques.
En savoir plus

Le gouvernement annonce des mesures pour améliorer la santé des sans-abri
Parce que "disposer d'un logement est une condition première pour l'intégration des personnes dans le droit commun de la prise en charge", la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, et le secrétaire d'Etat chargé du logement, Benoist Apparu, ont décidé de financer l'expérimentation d'une méthode baptisée "housing first" (ou le "logement d'abord").

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Offre d'emploi
L'association Kaïré recherche recherche un(e) animateur (trice) en arts plastiques à temps partiel à compter du 1/03/2010 pour animation d’ateliers et montage de projets. Plus de détails dans la rubrique offres d'emplois du portail UDV

Groupe de soutien spirituel pour familles et amis de personnes atteintes de maladie psychique
Le relais d’amitié et de prière souhaite créer un groupe de rencontres chrétiennes de familles et amis de personnes souffrant de maladies psychiques, à Toulon.
Pour les personnes intéressées,
contacter Ghislaine Marie au 04 94 30 03 12
Plus d'infos

Chemin d'espérance
Le bulletin de la Fraternité Saint-Laurent est sorti.

Vous pouvez le télécharger ici.

Fondation Abbé Pierre : le rapport 2010 du mal-logement vient de paraître
La fondation Abbé Pierre tire la sonnette d'alarme dans son rapport 2010. La crise du logement toucherait aujourd'hui 10 millions de personnes à des degrés divers dont 600 000 enfants.
Consultez le rapport.

 

Le nouveau programme de formation du SYFORM pour l'année 2010 est téléchargeable ici ! 


IOTA est la lettre électronique d'informations de l'Union diaconale du Var http://www.udv-asso.fr
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Centre ressources interassociatif de l'UDV
17, bd Cdt Nicolas
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