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Numéro spécial culturesolidarite



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La culture et  la solidarité font partie de la construction d’une société.
La culture, c'est ce qui cimente une société, ce qui permet aux hommes de vivre ensemble, et cela se traduit par des valeurs et des manières de se comporter et de réfléchir communes.
La solidarité humaine est un lien fraternel et une valeur sociale importante qui unissent le destin de tous les hommes les uns aux autres. C'est une démarche humaniste qui fait prendre conscience que tous les hommes appartiennent à la même communauté d'intérêt.
L’UDV a choisi la culture de la solidarité comme thème d’action jusqu’en 2013.
Culture et solidarité vont "vivre ensemble" pendant ces 2 années, pour être fondateurs de projets créatifs et inventer de nouvelles formes de solidarités.
Iota y consacre un numéro spécial.

Nous approfondirons dans ce numéro, cette notion de "culture de la solidarité" en donnant la parole à des experts du domaine de la culture et du travail social. 
Pour le point de vue culturel, Philippe Berling, directeur du Théâtre Liberté, et Stéphane de Belleval, responsable des relations publiques de Châteauvallon, nous ont fait l'honneur de s'exprimer sur le sujet.
Pour le point de vue social, l'association Familles Amité Cité et Gilles Rebêche nous donnent leur définition.
Nous reviendrons également sur la grande journée de l’UDV sur la culture de la solidarité, qui a eu lieu le 26 septembre dernier au Théâtre de verdure de Châteauvallon.

En route vers 2013!

Le point de vue culturel 


Châteauvallon


"Châteauvallon, c'est ouvert! " chateauvallon
Voilà ce qui résume le projet de ce lieu. La culture de la solidarité est au cœur du projet de Châteauvallon. Elle passe par le soucis de la démocratisation culturelle, de l’accès à la culture au plus grand nombre. Les orientations de Châteauvallon ne passent pas forcemment par une politique tarifaire de gratuité de places, mais plutôt par des projets concrets de partenariats, et par des liens étroits avec des associations.

tous


Stéphane de Belleval, responsable des relations publiques de Châteauvallon, nous explique comment se vit concrètement la culture  de la solidarité au théâtre de verdure : "Nous avons des contacts avec des associations qui travaillent avec des publics fragilisés dans les quartiers. Nous sommes là pour mettre en lien le public avec les artistes. Lorsque certaines associations projettent de venir voir un spectacle, nous mettons en place ensemble un accompagnement spécifique de la structure pour initier le public, et le préparer au spectacle. Il y a tout un travail pédagogique en amont.
Dans le cadre de la politique de la ville, nous faisons également des représentations de théâtre en appartement,  c'est à dire que nous allons parfois dans les locaux de l’association, avec bien sûr,  la même exigence artistique que le spectacle. C’est parfois plus facile pour des publics très précarisés. La culture se déplace jusque chez eux. Notre objectif est de la rendre accessible à tous
."

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 Le théâtre Liberté

Charles et Philippe BerlingAvec l’ambition de devenir un pôle artistique et culturel majeur de création en Méditerranée, le projet du Théâtre Liberté de Toulon, dirigé par Charles et Philippe Berling, associe la recherche de l’excellence artistique à une dimension populaire.





Iota : Quel lien faites-vous entre Culture et Solidarité?


Philippe Berling : Comme le dit Camus dans la nouvelle Jonas, une seule lettre différencie le mot "solidaire" de "solitaire". Cette unique lettre fait toute la différence : être solidaire c’est bien sûr ne pas se sentir solitaire. Mais être solidaire veut dire que chacun répond du tout, que chacun se sent

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partie prenante d’un ensemble plus grand, celui de la société des hommes et des femmes qui composent la Cité.
Pour la culture c’est pareil. Ce que chacun fait avec la culture, aussi bien ceux qui créent les œuvres d’art, les artistes, que ceux qui les fréquentent, les spectateurs, chacun en est responsable pour les autres. Le théâtre, en particulier, est vivant et vital, comme le dit le personnage principal de L’Art de la comédie, mais il meurt du mépris que chacun a pour l’autre. Pour faire et pour goûter le bon théâtre,  il faut forcément être solidaire.
Notre conviction est que l’art et la culture peuvent et doivent être les vecteurs d’une forme de solidarité. La venue au Théâtre est en soi un événement éminemment sociable. Le fait de ne pas pouvoir aller au spectacle est facteur d’exclusion (parmi tant d’autres), puisqu’il prive de l’accès à un moment d’échange et de rencontre collective.
L’art et la culture portent en eux-mêmes de nombreux messages d’universalité, créant, pour la durée du spectacle et ses alentours, une communauté éphémère de personnes qui, ensemble, perçoivent une même chose et peuvent la partager.

Iota : Comment la culture de la solidarité se traduit-elle dans les projets du théâtre liberté?

culture

Philippe Berling : Mener une politique de solidarité au sein d’un Théâtre ne veut pas dire qu’il faille agir avec condescendance. C’est dans la manière d’aborder n’importe quelle œuvre, que certaines barrières existent : si ces barrières ne tombent pas, l’œuvre ne peut être perçue sereinement. Ce n’est pas en choisissant des œuvres qui peuvent paraître "simples" ou mieux "adaptées" à certains publics que l’on peut mener une telle politique. C’est grâce aux outils que l’on met en place autour de l’accès à l’œuvre, pour faire tomber ces barrières, une à une, que l’on peut avancer.
Une information appropriée, est l’un de ces outils. Nous savons en effet que certaines personnes ont du mal à recevoir les informations et à les intégrer. Nous utilisons alors des vecteurs comme les associations et les personnes qui se font le relais de nos actions.
Nous proposons également des rencontres et des discussions entre le public et les artistes. Ce travail, mis en parallèle d’un accompagnement à la découverte des métiers du spectacle, du suivi de la création d’une pièce, parfois même d’ateliers de pratique théâtrale, amène le public à être plus en confiance, plus sûr de pouvoir lui-même comprendre ce qu’il va voir, le soir de la représentation.
Enfin, une politique tarifaire adaptée à toutes les bourses est nécessaire. Le tarif de 5 euros pour les personnes bénéficiaires des minima sociaux que nous pratiquons, nous semble pouvoir faire tomber la barrière du prix pour une part non négligeable d’entre elles.

Le point de vue social

Familles Amitié Cité
famille amitié cité

Pour Familles Amitié Cité (FAC), la culture de la solidarité c’est un état d’esprit de la solidarité, une manière de concevoir l’accompagnement des personnes en difficulté.
Il s’agit de se mettre à leur écoute et à leur niveau. L’important c’est de partir d’elles-mêmes, de ce qu’elles sont, de leurs projets, dans une démarche participative.
C’est rendre les personnes accompagnées actrices de leur développement. Les impliquer à tous les niveaux, depuis l’expression de leurs besoins jusqu'à la réalisation des projets.
Cette culture de la solidarité, cet état d’esprit de la solidarité, fait partie du projet associatif de FAC "Favoriser et amener le public à être acteur et participer activement à la co-construction de projets, afin qu’il soit reconnu pleinement en tant qu’acteur de sa propre vie et de la société." (extrait du projet associatif de FAC)
solidarité 

Gilles Rebêche, délégué diocésain à la solidarité


"La culture de la solidarité, c’est ce qui donne du sens à ce que nous essayons de vivre. Si on y prête pas attention, on risque de devenir des techniciens du social, des sous-traitants de subventions et de ne plus avoir le sens de nos actions dans la manière de travailler.
J’aime bien la phrase de Ghandi qui dit que "la fin est dans  les moyens, comme l’arbre est dans la semence."  On ne peut pas sans arrêt parler de la solidarité, de la fraternité, de la créativité, du lien social, si entre nous on n'a pas un minimum d’échantillon de ce lien social, de cette fraternité de ce goût de la fête.
La culture de la solidarité, c’est la capacité que nous avons à vivre différents ensemble, pour rendre la terre toujours plus habitable. C’est le rôle de nos associations, qui sont là pour aider dans la ville, à vivre avec les différences en laissant la place aux plus fragiles."

Retour sur la journée de l'UDV,
le 26 septembre à Châteauvallon

rencontre


Le 26 septembre 2011, salariés, bénévoles, volontaires et accueillis desbandeau deluge 30 associations de l'UDV se sont donnés rendez-vous à Châteauvallon. Une journée de rentrée festive, offrant à chacun l'occasion de se retrouver, de partager, "d’aller à la rencontre" comme le propose le thème d’année.  Mais cette journée avait également pour but de donner le coup d’envoi de cette dynamique interculturelle et pluriannuelle (de 2011 à 2013) que propose l’UDV, incitant chacun à devenir acteur d’une culture de la solidarité, en embarquant dans l’arche de MéditerraNoé…

L’arche de MéditerraNoé, du mythe...

Comment habiter ensemble sur terre avec toutes nos différences, s’y sentir heureux sans considérer l’autre comme une menace, et bâtir une nouvelle civilisation de l’amitié entre les peuples, les générations, et les cultures ?
C’est probablement la question que se posait le vieux patriarche Noé en regardant l’Arche se vider de toutes ces espèces après le déluge.
Noé était un juste, un de ces personnages lumineux de l’Histoire, chercheur de vérité, préoccupé du sort de la planète terre, mais plus encore de l’avenir de l’humanité et de son environnement.
Quand tous ses contemporains refusaient l’évidence et s’entêtaient dans l’égoïsme et le "chacun pour soi", Noé préparait l’avenir, construisait une arche pour s’éduquer au "vivre ensemble", pour inventer un "développement social durable" et pour apprendre à décliner une "culture de la solidarité".
Il fit monter dans l’arche toutes les espèces animales que pourrait compter la terre. Noé avait le pragmatisme de la foi et la détermination de l’humanisme. Quand la colombe au moment de la décrue lui ramena, en signe de paix, un rameau d’olivier, il comprit que sa persévérance avait eu raison des oiseaux de mauvais augure, de la peur, et de tous les dangers. L’arc en ciel au-dessus de l’arche était comme un sourire d’avenir et témoignait que rien n’était inconciliable dans cette culture de la solidarité.
Aujourd’hui encore, le vieux Noé aurait du travail autour des rives de la Méditerranée… et ses multiples descendants n’ont pas oublié sa leçon de courage et de sagesse !

A la réalité…


Le 26 septembre à Chateauvallon, plus de 110 accueillis, salariés, bénévoles et volontaires des associations du réseau de l’UDV avaient répondu présents. Suivant la consigne, chaque association avait choisi un objet à sauver du déluge, le représentant de manière symbolique et artistique. En début de matinée, une personne par association, porteur de l’objet symbolique, a été invitée à traverser un bassin d’eau avec l’objet symbolique à sauver du déluge, joyeusement soutenu, épaulé voire même éclaboussé, par les clowns de Kaïré !
Rencontres, retrouvailles, partage autour d’un café, en attendant que le couple Noé et leurs enfants,  accueillent les participants dans le théâtre de verdure de Châteauvallon.  Tandis que chacun prend place dans l’hémicycle, les porteurs d’objets symboliques viennent les déposer sur la scène qui symbolise l’arche. Petit train, guirlande, chaise, statuette, tente igloo ou bien paquet de café, tout simplement. Par quelques mots, ces porteurs ont expliqué leur choix d’objet.
Place ensuite au temps de la créativité ! Les participants ont rejoint l’animateur de l’atelier de leur choix.


Créer, s'amuser, s'émerveiller...pour faire naître une culture de la solidarité !

atelierdanse- A l’atelier danse, on bouge, on tourne, on virevolte…Une chorégraphie prend forme, sous les conseils avisés de Danielle, l’animatrice, qui a su, en quelques minutes insuffler aux personnes présentes, l’envie de laisser leurs corps s’exprimer.
- A l’atelier théâtre, la consigne est de se sentir libre et d’improviser au gré de son imagination…Entre éclats de rire et admiration, le groupe crée vite une réelle complicité.
- Quelques mètres plus loin, c’est Charlotte qui donne le La à ses "apprentis chanteurs"….Quelques exercices pour se chauffer la voix, et en trois tours de main… un canon de la paix !

- Au stand photo d’Yves de Kermel, on se déguise, on joue le jeu, on prend la pose …

- Quelques escaliers plus haut, l’atelier conte ou " Il était une fois, une petite histoire quotidienne toute simple qui se transforma en un merveilleux conte imaginaire"…

- Ca noircit, ça rature, ça gomme, bref ! Ca s’exprime à l’atelier d'écriture…Et soudain, la magie opère, les plumes s’agitent, les phrases se créent…

- Du bleu, du rouge, du vert…
Des cagettes, du rafia, de la ficelle…Il n’en faut pas plus pour nos artistes en herbe qui laissent libre cours à leuratelier arts plastiques créativité à l'atelier arts plastiques…

- Un nez rouge, des grandes chaussures, un costume bariolé et une musique entrainante ! Pas de doute, c’est bien l’atelier clown, avec Martine en tête pour entrainer toute une petite troupe dans ses pitreries désopilantes…

- Une envie de s’exprimer, d’écrire, de dessiner… Rendez-vous sur la toile d’expression libre!  Au gré des mots et des couleurs, une belle fresque fraternelle prend vie.

13h : les appétits se réveillent autour d’un repas partagé, temps de convivialité et de partage. A la suite du déjeuner,  des groupes d’expression libre sont formés afin de rendre compte de cette matinée créative.
15h30 : Noé rappelle ses ouailles. L’eau monte, il est temps de prendre place dans l’arche. Chacun, avec sa personnalité, son bagage, est invité à rejoindre cette arche de MéditerraNoé, où culture et solidarité vont se rencontrer, apprendre à se connaître, s’apprécier pour enfin travailler main dans la main, jusqu’à la fin du voyage, en 2013. Solidarité, fraternité,  dialogue, rencontre, partage…A chacun de ces mots, ceux qui le souhaitent vont rejoindre l’arche humaine qui finit par se former.
Un final en beauté pour une journée riche en  émotion et en rencontres.
archehumaine
"Une journée enrichissante, de convivialité" Servane, Dracénie Solidarité
"Je me suis régalée" Violaine, animatrice de l’atelier conte
"Convivialité, découverte, joie d’être ensemble" Sabine, Amitiés cœur de Ville
"Les gens se sont rencontrés, ont accepté de jouer le jeu, de suivre les ateliers… Bon présage pour les événements à venir ! " Micheline, Kaïré
 

Voir la vidéo de la journée


Ecouter l'émission RCF du jeudi 29 septembre 


Lire l'article de Var Matin


4 Octobre

Conférence-débat
Présentation du cycle de rentrée du Collège Méditerranéen des Echanges intitulé "Les grands défis"
A 18h30 amphi 500.1


6 octobre

Petit déjeuner organisé par l’EthiClub Toulon
autour du thème "Implications des parties prenantes : Quels intérêts, quels bénéfices pour l’entreprise?"
A 9h, au restaurant "Espace Café" à l'espace santé de La Seyne sur Mer.


7 octobre

Ciné / débat / expo
Réfugiés : quel avenir pour le droit à la protection en Europe?
Organisé par France Terre d’asile en partenariat avec la FOL83
A 20h à la salle des lices de Toulon


8 octobre

Rencontre
Journée de réflexion et de partage organisée par la pastorale des migrants
de 9h30 à 17h au domaine de la Castille, à la Crau


15 et 16 octobre

Rencontres capitales
24 débats pour changer le monde avec de nombreux intervenants
Palais du Pharo à Marseille


17 octobre

Journée mondiale du refus de la misère
organisé par le comité du 17 octobre
RDV à 17h30 sur la dalle de la faculté de droit à Toulon.


18 octobre

Formation SYFORM
Les religions ont-elles quelque chose à dire à la société?
de 9h à 17h à Toulon.
Lieu à confirmer



22 et 23 octobre

Colloque sur le thème :
La Réforme de la monnaie et du système bancaire, du crédit social, et de la gestion des matières premières
A l'abbaye de Lérins


IOTA est la lettre électronique d'informations de l'Union diaconale du Var http://www.udv-asso.fr

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