N°96
18 décembre 2007

Bon Noël aux fabricants de lumière fraternelle

Le nouveau local d’hébergement d’urgence du SAMU Social pour les femmes et pour les couples en détresse s’est ouvert dans un bâtiment où on stockait, jadis, de la lumière.
Il est installé près du ruisseau qui porte le nom de St Joseph. Comment ne pas y voir, à quelques jours de Noël un clin d’œil du ciel pour nous encourager à témoigner du message de paix et d’espérance proclamé au cœur de la nuit par des anges de lumière, sous les yeux éberlués de St Joseph, à des pauvres sans-abri, les bergers de Bethleem, dont tout le monde se méfiait à cause de leur allure, de leur réputation, et de leur style de vie.
Noël nous revient chaque année pour nous redire l’urgence d’aimer et de partager ; Noël nous est donné comme une invitation à rassembler tous les hommes et les femmes de bonne volonté ; Noël c’est le rappel que nous sommes tous capables de «fabriquer de la lumière », à condition de nous reconnaître comme St Joseph, humbles serviteurs de la vie, fragiles témoins de l’extraordinaire, fidèles et besogneux charpentiers de l’accueil et l’amour donné.
Bon Noël à tous, vous les fabricants de lumière fraternelle.

Diacre Gilles REBECHE
NB : Edito également paru dans Pleins Phares, lettre du Samu Social

St Joseph : un accueil pour les femmes et couples sans abri

Depuis le 27 novembre, l'aire toulonnaise dispose d'un hébergement d'urgence pour les femmes –et deux couples-. L'accueil Saint-Joseph situé non loin de l'hôpital Font Pré et du futur nouvel hôpital, ce qui constitue un plus, a bénéficié de travaux d'aménagement et mise aux normes.



Au cours de l'hiver 2005, la DDASS (Direction départementale de l'action sanitaire et sociale) confiait au Samu social le soin d'organiser un hébergement hivernal d'urgence pour les femmes. Si pour les hommes le dispositif existe depuis 1998, les femmes étaient dirigées vers les places réservées à l'urgence dans les 6 centres d'hébergement et de réinsertion sociale femmes. Mais certaines femmes à la rue ne veulent pas s'y rendre ou n'y sont plus acceptées.
Après une période de balbutiements, un accueil hivernal d'urgence a été mis en place à l'hôpital Clémenceau à La Garde pour l'hiver 2006 puis transféré sur le site des anciens établissements Degreanne, rue du commandant Lhoste, et bordé par le ruisseau St Joseph, d'où le nom du site, tout un symbole…
Une convention a été passée avec TPM (Toulon Provence Méditerranée) pour autoriser l'occupation des lieux. C'est alors qu'est intervenu fin janvier 2007 le PARSA, plan d'accueil renforcé pour les sans abris, mis en place par le gouvernement et visant à pérenniser les places d'hébergement hivernal. Le Samu social disposant de locaux adaptés à l'hébergement d'urgence, la DDASS a finalement donné son feu vert pour que soit pérennisé à l'année l'accueil d'urgence des femmes dans les locaux St Joseph. "Nous sommes habilités pour accueillir 10 femmes et deux couples, explique Pierre Gaillard, directeur du Samu Social. La convention signée avec TPM a donc évolué et un bail de 3 ans signé. Des travaux indispensables notamment au niveau de l'assainissement –branchement au réseau collectif, sanitaires- ont été réalisés.
"C'est le principe de boxes pour deux personnes qui a été retenu, ce qui permet une relative intimité". L'accueil sur St Joseph est ouvert de 18 h à 20 h aux femmes ou couples adressés par le SAO (Service accueil et orientation du Var) et ceci pour une période de 10 jours. Cette période est mise à profit pour réorienter les personnes vers des structures adaptées. Le matin, les accueillis partent à 8h pour un petit-déjeuner servi aux Amis de Jéricho (Accueil de jour et restaurant social).
Trois maîtresses de maison assurent le travail social et deux surveillantes vont se relayer pour la garde de nuit. Quant aux sans abris hommes, ils sont hébergés sur deux sites : la Coquette à Toulon qui dispose de 24 places et l'hôpital Clémenceau à La Garde où 15 places sont dédiées à l'urgence hivernale.
L'accueil de jour tant pour les femmes que pour les hommes est assuré par les Amis de Jéricho.

Plus d'info
Samu Social de l'aire toulonnaise

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Mouvement du Nid : Un lieu et une équipe pour aider les personnes prostitué(e)s à se remettre debout

"Je ne me fais pas d'illusion sur ce que les clients pensent de moi. J'imagine qu'ils me prennent pour une pauvre fille; quelque par je les méprise aussi" (Jeanne, prostituée). La Fondation du Mouvement du Nid vient de fêter ses 70 ans. Et il reste tant à faire…

Le Mouvement du Nid est un mouvement d'Eglise fondé par le Père Talvas. C'est le Père Jean-Marcel Lalanne qui créa l'antenne de Toulon il y a 35 ans.
"Nous sommes une dizaine de bénévoles militants soutenus par des sympathisants", explique Muriel Huré, présidente de la délégation du Var. Les militants reçoivent une formation de deux jours, à Clichy, qui leur permet de s’approprier les objectifs du Mouvement (disparition de la prostitution et réinsertion des personnes = « un monde sans prostitution, c’est possible ») et d’être mieux armés pour faire face aux situations auxquelles ils seront confrontés. Tous ont un même objectif : éradiquer le fléau qu'est la prostitution.


"Notre action repose sur 4 axes"
La rencontre avec les personnes prostituées, hommes et femmes (les hommes représentent à Toulon 30% de la population des personnes prostituées) pour créer des liens. C'est souvent très long et le but est que ces personnes prennent conscience qu’elles sont des êtres humains à part entière : "Je vaux plus que ce que je crois que je vaux". Ceux qui s'en sortent disent : "je croyais que je ne valais rien…". Il faut savoir, ajoute Muriel Huré que "93% de ces personnes ont subi un inceste dans l'enfance ou l'adolescence. Elles sont donc en totale dévalorisation par rapport à elles-mêmes". Aider ces hommes et femmes à se remettre debout –mais c'est toujours à eux de décider- passe aussi par un travail de réinsertion avec des organismes sociaux partenaires.

La formation auprès des travailleurs sociaux et du personnel médical qui ne sont pas formés à recevoir ce public désociabilisé.

La prévention auprès de jeunes. La campagne 2007 s'adressait aux clients des personnes prostituées. Ceux-ci sont difficilement joignables, aussi le meilleur moyen de lutter contre ce phénomène c'est de sensibiliser les jeunes. "Nous allons dans les collèges les lycées et les facultés, nous animons des forums, il existe un point écoute à Saint-Jean du Var" où nous sommes présents. "Nous entendons des choses inimaginables comme ce jeune de 16 ans scolarisé à Maintenon qui nous a déclaré "il faut des prostitués". Nous sommes frappés par le machisme ambiant chez beaucoup de jeunes, parfois bien accepté par les jeunes filles", explique Georges, bénévole depuis 4 ans. "On leur explique, c'est pas ça l'amour". Une BD de prévention, "Pour toi Sandra" est distribuée en milieu scolaire. Beaucoup pensent que les personnes prostituées font ce métier pour l'argent et qu'elles sont libres et heureuses. C'est faux, tous ont des dettes, vivent dans la peur, la solitude. Ces témoignages le prouvent : un jeune arrivant à la permanence en titubant : « tu crois que je vais pouvoir faire ça sans avoir bu? » Ou cette brignolaise de 65 ans : "Quand je monte dans ma voiture pour descendre à Toulon, c'est comme si j'allais à l'abattoir"…

Dernier axe de travail du Mouvement du Nid, l'information auprès du grand public et les relations avec les élus. Une autre BD, destinée aux jeunes et aux moins jeunes va sortir en 2008. Son titre? "Dérapage".

Plus d'info
Permanence de TOULON : 18, place de la Visitation tel 04 94 92 29 80
Courriel : [email protected]
Heures d’ouverture : de 9h30 à 11h les mercredi et vendredi et sur R.V.
On peut se procurer des bons de soutien à la permanence

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